26/01/2006

 Le prisonnier

Site d'un gardien de prison

 

La vraie prison

 

 

On le sait, nos prisons sont pleines de voyous, de délinquants, de cas sociaux. Ce qu’on sait moins, c’est que les vrais coupables sont dehors; ils se nomment égoisme et indifférence. Ce sont eux qui dirigent nos vie, à nous et à moi, aux bonnes gens, à tous ceux qui ont « réussi ». Car, pour réussir dans un monde difficile, combien de mains tendues avons nous dû ignorer, à combien d’appel de détresse sommes nous restés sourds et aveugles ? Là ou l’indifférence et l’égoisme règnent en maître, là fleurissent la prison et et l’injustice.

Parce que l’on ne croit pouvoir réussir que si d’autres échouent, nous sommes pris au piège d’une effroyable compétition, qui nous conduit à accumuler des richesses inutiles et dérisoires, à coté de nos frères démunis qui ne possèdent pas le minimum. Comment s’étonner alors qu’ils rejettent cette société qui fait l’étalage impudique de bonheur d’une minorité et en interdit l’accès aux autres. Non par manque de richesses, d’opportunités, mais par manque de cœur.

Oui, les vrais coupable sont dehors. Et ce qui me console un peu, et affermit ma foi en la justice divine, c’est que la vraie prison est, elle aussi, dehors. Elle n’est pas celle qui enferme le corps entre quatre murs l’espace de quelques mois ou quelques années. La vraie prison est celle que nous portons en nous, toute notre vie, qui nous pousse à rechercher sans repos une sécurité et un confort illusoire, à vivre aujourd’hui avec la crainte de demain. Et la vraie « sentence » est celle de ceux qui découvrent que possédant tout, en trop, il leur manque pourtant l’essentiel.

Car, aussi bizarre que cela puisse paraître, il y a souvent plus de vie dans nos prisons que dans nos sociétés soit-disant libres où chacun, croyant poursuivre ses propres désirs, ne fait qu’adopter docilement ceux que la société lui impose.

Mais la seule richesse qui compte est celle de sourires donnés, des mains tendues, des gestes d’amours quotidiens offert et reçus en partage. « Ma » richesse, ce n’est pas « ma »maison, « ma »voiture, « ma »femme, « mes » enfants, tout ce que je crois posséder et qui en réalité me possède. Ma vraie richesse est, au contraire, dans la somme de ce que j’ai donné, sans rien attendre en retour. Dans ce don de moi, qui m’a rendu libre.

Je suis riche de tout ce qui ne m’appartient plus.

 

 

 

 

17:09 Écrit par aimable | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Oh combien je suis d'accord avec toi,
Changeons le monde en commencant par soi.
Amicalement, Malika :-)

Écrit par : Malika | 29/01/2006

Merci, pour tes encouragements et ta visite.
Je me réserve le plaisir de pouvoir te lire dans les jours qui viennent.

Écrit par : Aimable | 29/01/2006

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