05/11/2005

Le banc

Le Banc...Là où les uns s’assoient, parlant de ce qu’ils jugent, d’autres s’allongent là, y trouvant un refuge. S’il est bien naturel de s’y asseoir le jour, il n’est pas très normal d’y faire son lit la nuit. Endormi à même la planche d’une prison à ciel ouvert, il souffrait en silence les bras dénudés, repliés, drapés de souffrance sous un sac délavé qui lui servait d’oreiller. Si la pluie tombe longtemps il se loge sous le banc. Que les larmes du ciel caressent ses cheveux, et la misère ruisselle de son monde malheureux. Revenir en haut Que demande t-il en somme ? A défaut de reconnaissance, ils veut rester un homme avec une once de respect nappée de dignité. Et touchant mon cœur, à l’aune de sa vie déchiré, d’un geste vers mon chien il cherche un peu d’amour. A moi, il ne dit rien, me croit inaccessible. Serais-je devenu sourd, égoïste à ce point ? Il m’est bien arrivé, comme à tout un chacun, de lui parler, de donner quelques louis ou du pain. Revenir en haut Mais autant le dire, sans détour et sans honte, je me faisais plaisir il s’en rendait bien compte. Rien n’est jamais gratuit : donner c’est s’enrichir. Je regardais mon bâtard, Nanterre ne lui disait rien. Doit-on croire au hasard ? Il avait une vie d’homme et l’homme une vie de chien. Ce soir je m’endormirai, avec l’image, au goût amer, d’un vieil homme en guenilles allongé sous un banc, pas très loin de la grille on dit qu’il y fait plus chaud. Il me verra passer, il guettera mon pas. Il essaiera encore de parler à mon chien pour réveiller mon cœur. Et comme à chaque fois il y réussira. Il connaît le chemin, je n’ai que celui-là. Robert Hanna

22:19 Écrit par aimable | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.